Dieu seul sait pourquoi Cronos fait en sorte que la feuille et le stylo sont loin de l'inspiration que vous faites naître en moi, ou que stylo et feuille révèlent tout ce que je sais que je sais, sans que l'heure d'envoyer n'arrive. Temps nécessaire pour ce retour, cette restitution.
C'est ainsi que le 14 du mois dernier, forte d'une phrase "Il faut oser vouloir" et de quatre mois de décantations, révélations et autres "épreuves", s'imprimait sous mes yeux mi-clos : "Songer si souvent vous transmettre, sous forme de lettre de fin d'année, des mots, des vœux, des civilités rend banale l'idée de l'envoyer et pourtant confirme perception de reconnaissance. Espérer qu'aller au delà des apparences formelles des "boîtes" que sont les phrases alignées sur le papier, quand elles sont pour le moins originales, si ce n'est bizarres, rend la poésie de la vie simple, sensible et tout de même accessible."
Savoir aujourd'hui que cet "UN-dit-UN" de la rencontre (...), si fort appelée à toucher, "qui sera toujours là pour vous"... est connu de longue date.
Vous comprenez, j'imagine, que ces phrases partent en temps et en heure, complément d'information, cadre d'un décors fleuri de vapeurs. Donner, recevoir, naît d'assurance, d'identité d'émotions et sentiments au vécu, à l'éprouvé au fond, ou au bord de soi. Proche de la fusion en somme, de palpitants "ions" emplissent mon âme de trop plein d'énergie, que transmission, restitution, partage à qui de droit, peut libérer. A vous donc de recevoir, discerner aussi, l'incongru de l'accord, du partage ici présent...
(...)
Au hasard de la lecture de vos dons, je découvre "le rêve facétieux", où je lis d'abord comme une répétition, qui me donne alors la place que "je" mérite. Alors que j'ouvre à nouveau sur le "hazard", c'est l'image d'illustration qui vient frapper mon esprit. Un cowboy et une indienne, le contrepoint s'impose alors.
Le fait est, vous le savez, que rêves de vous m'ont plus ou moins subtilement confirmé la rencontre à découvrir et donné l'assurance bien relative de vous appeler. Depuis, la richesse lumineuse échangée m'est trop vaste pour s'ordonner avec simplicité et rapidité. Le travail de discernement entre le subtil de l'âme et l'épais de l'égo se fait au rythme des idées. Alors, l'âme chargée de transmettre les informations capitales, convertit les situations extra-ordinaires et inacceptables pour l'égo, en scènes relatives à "l'impérience" en cours.
(...) Dans ce rêve, le plus troublant et étonnant est l'apparition de "la" numéro deux de Vivendi qui fait chuchoter et bruisser l'environnement de son arrivée, par sa présence. Je la reconnais parmi la Cour autour d'elle, au collier ethnique qu'elle porte. Son apparition sur-réaliste, prend l'ascendant sur la situation... et je me réveille. Le plus important et difficile pour moi, est de mettre chaque ressenti à sa juste place, ceux qui viennent de mon être profond, et ceux que j'éprouve en étant face aux désir de l'autre. Une fois ce "drôle" de travail effectué, je peux dire ce que je veux et agir.
Etrange donc pour moi de vous entendre encore me dire ce qui se produira la prochaine fois que nous nous verrons. C'est un future possible, avec la force de sa projection. Pour y prendre part, il y a un chemin jalonné d'épreuves intimes de part et d'autre, un chemin de "crois", en douze stations pour les uns, douze travaux d'Hercule pour les autres. De l'ordre de la réciprocité, de la longueur d'onde, de l'aspiration commune à deux êtres, destinés à rendre l'amour vivant. C'est ainsi que lorsque deux âmes se tutoient, les égos se disent vous en douceur, afin que naisse l'art du nous.
Tant recevoir que synthétiser par l'écriture est une épreuve renouvelée pour le corps. Comprendre que cette sorte de chaos mis en mouvement en moi demande solitude pour s'ordonner. Vouloir être seule et vite, pour le faire et n'être qu'entourée de sollicitations extérieures, jusqu'à la paix de lundi.
Si le destin de cette lettre est de s'inscrire là en vous, c'est aussi qu'hier soir (mardi/mercredi), comme avant hier, se sont imprimées en moi, lectures relatives (...) cette victime d'un trou de mémoire, qui si elle prend conscience, peut recevoir à nouveau... L'écho renvoyé par une chacune de mes cellules s'est comme amplifié, jusqu'à produire intense vibration, générant pulsations, un cœur s'ouvre. Si bien que ce matin (mercredi) au réveil, la certitude en principe d'une séparation jour, nuit, jour paraît effacée pour laisser place à l'évidence rencontrée et les deux enroulées à la Vérité. Une porte s'ouvre, le barrage au cœur lâche et laisse entrer à flots l'énergie révélée. Tout est contenu là et déborde raison de la raideur du corps qui parle protection... Payer pour d'anciennes histoires, en effet j'entends bien, moi non plus !
Là où mon corps dit freine, mon esprit lui, baigne dans une félicité totale, pour lui, c'est la bonne heure !